Addiction à la cocaïne

La cocaïne se présente sous deux formes : chlorhydrate (poudre) conçue pour être injectée (voie intraveineuse) ou sniffée (voie nasale) et base ou « free base » (caillou, galette) conçue pour être fumée (voie pulmonaire).

Il s’agit d’un puissant psychostimulant qui peut entraîner une forte dépendance psychique. Son usage s’est très largement diffusé depuis les années 1990.

Les milieux sociaux touchés par l’usage de cocaïne sont assez hétérogènes. En effet, la cocaïne n’est dorénavant plus seulement utilisée par des groupes sociaux ayant un fort pouvoir d’achat ou par des usagers de drogues très marginalisés, mais touche également les classes économiques moyennes ou encore des usagers rencontrés en milieu festif.

L’usage de cocaïne provoque une euphorie immédiate, un sentiment de toute-puissance intellectuelle et physique et une indifférence à la douleur et à la fatigue. Ces effets laissent place ensuite à un état dépressif et à une anxiété que certains apaisent par une prise d’héroïne ou de médicaments psycho actifs, ou d’alcool.

La cocaïne provoque :

  • une contraction de la plupart des vaisseaux sanguins. Les tissus, insuffisamment irrigués, manquent d’oxygène, et se détériorent (nécrose). C’est notamment souvent le cas de la cloison nasale avec des lésions perforantes chez les usagers réguliers (« sniff ») ;
  • des troubles du rythme cardiaque. Ils peuvent être à l’origine d’accidents cardiaques, notamment chez des personnes fragiles et/ou qui consomment de fortes quantités de tabac ;
  • des troubles psychiques, une grande instabilité d’humeur, des délires paranoïdes ou des attaques de panique ;
  • une augmentation de l’activité psychique et, par conséquent, des insomnies, des pertes de mémoire et des phases d’excitation.

Une autre caractéristique de la cocaïne est de lever les inhibitions, ce qui peut conduire à des actes de violence, des agressions sexuelles, des dépenses compulsives, etc. La sensation de « toute-puissance » entraînée par la cocaïne peut engendrer des passages à l’acte.

En outre, les matériels utilisés pour « sniffer » peuvent transmettre les virus des hépatites B et C, s’ils sont partagés entre plusieurs usagers. En cas d’injection, le matériel partagé peut transmettre le virus du sida et des hépatites B et C.

(extrait de : www.drogues-dépendance.fr/cocaïne.html)

L’hospitalisation peut devenir nécessaire lorsque la prise en charge ambulatoire s’est révélée insuffisante.

Cette dernière est précédée d’une consultation de préadmission où sont décrits :

  • le projet thérapeutique ;
  • l’engagement du patient dans un contrat de soins.

L’hospitalisation permet de faire un bilan des aspects médicaux et psychologiques du sujet consommateur de cocaïne.

À la clinique du Dauphiné, le sevrage de la cocaïne fait appel à un protocole contractualisé : nous mettons en oeuvre tous les traitements possibles pour rendre les symptômes du manque (« craving ») le moins pénible possible :

  • médicaments anxiolytiques, antipsychotiques, et/ou antidépresseurs en fonction des éventuels symptômes associés dont souffre le patient ;
  • bilan neuropsychologique ;
  • soutien psychothérapique et renforcement motivationnel ;
  • activités thérapeutiques à médiation corporelle ;
  • approche psychoéducative de groupe…

De son côté le patient s’engage moralement à respecter un certain nombre de contraintes :

  • s’abstenir de consommer tout toxique ;
  • ne pas faire pénétrer de toxique ni d’alcool dans l’enceinte de l’établissement ;
  • se soumettre régulièrement à des tests urinaires de dépistage de toxiques et à des vérifications de ses effets personnels ;
  • ne pas sortir de l’enceinte de la clinique, ne pas recevoir de visite, ni de communication avec l’extérieur pendant la première semaine.

Le non respect de l’une de ces contraintes met fin de fait à l’hospitalisation.

La durée du sevrage en cocaïne est le plus souvent de 15 jours. Elle est variable en fonction de l’éventuelle psychopathologie sous jacente.

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